4.2. Normes occidentales vs. SOGIESC dans le monde
Lorsqu’une personne fuit vers la Belgique en raison de son SOGIESC, elle se heurte souvent à des normes occidentales sur la manière de vivre en tant que personne LGBTI+. Cela crée parfois de l’incompréhension envers les expériences des personnes LGBTI+ non occidentales.
Exemples :
En Occident, on suppose que toutes les personnes LGBTI+ souhaitent être « fières et ouvertes » de leur identité. Si ce n’est pas le cas, cela génère de l’incompréhension.
La religion est souvent perçue comme incompatibleavec la diversité de genre et de sexualité. Par exemple, lorsqu’une femme indique qu’elle est strictement musulmane et lesbienne, les gens ont parfois du mal à l’accepter.
En occident, on suppose souvent qu’un homme gay a une expression féminine, ou qu’une femme lesbienne a une expression masculine. Si ce n’est pas le cas, les gens sont moins enclins à vous croire.
Il existe toutefois une grande diversité dans la perception des SOGIESC à travers le monde et il est possible de les considérer sous différents angles. Vous pouvez le constater dans la série de photos ci-dessous. Placez votre souris sur la photo pour obtenir plus d’informations.
Dans différentes cultures, les personnes de genre divers sont appréciées dans un rôle spirituel ou rituel, en raison de leur position unique entre les mondes masculin et féminin. Prenons l'exemple des hijras en Asie du Sud.
Dans certaines communautés, le genre est considéré comme variable et influencé par certaines phases de la vie, des expériences spirituelles et d'autres circonstances. C'est le cas par exemple des Bugis en Indonésie, où l'on distingue cinq identités de genre : homme, femme, calabai, calalai et bissu. Le « bissu » est considéré comme le genre qui transcende tous les autres et qui en constitue l'équilibre parfait.
Two-spirit est un terme parapluie désignant des personnes issues des populations autochtones d’Amérique du Nord qui ont des identités de genre diversifiées. Dans leur culture, elles jouent souvent un rôle spirituel et guérisseur.
Dans certaines sociétés, le genre est principalement déterminé par le rôle que joue une personne au sein de la famille ou de la société et non par des caractéristiques biologiques. En Albanie, par exemple, il existe les Burrnesha. Il s'agit de personnes enregistrées à la naissance comme femmes, mais qui vivent comme des hommes. Elles font également vœu de chasteté.
Cette diversité est souvent oubliée, ignorée, non reconnue ou négligée, car nous partons de notre propre cadre de référence. Elle est plus complexe que ce que nous connaissons, car ces identités jouent un rôle spécifique qui ne peut être comparé à notre contexte occidental. Elles illustrent néanmoins la richesse de la diversité existante.
Il est également frappant de constater qu’elles subissent des mécanismes d’exclusion similaires.